Obsession sécuritaire à Ben Gurion International

«Welcome to Israel!», proclame chaleureusement (“shalomeusement”, si vous me passez le jeu de mots) le grand panneau aux couleurs vives à l’attention des passagers tout juste sortis de la passerelle de débarquement.
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«Ben Gurion Airport: Pride of Israel», renchérit solennellement un sobre mais imposant bas-relief couleur ocre, après une interminable enfilade de couloirs et de halls ultra-modernes, aérés, lumineux.
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«Toi, tu vas grave morfler avec la sécurité de l’aéroport de Tel Aviv. Prépare-toi à subir le pire interrogatoire de ta vie.» Cette troisième proclamation, en revanche, vous ne risquez pas de la trouver fièrement placardée sur quelque mur ou façade de l’aéroport international de Tel Aviv, qui se targe d’être l’aéroport le plus sûr au monde. Ces mots, ce sont tout simplement les menaces persistantes, les inévitables avertissements, les inquiétantes vaticinations, que j’ai entendus moult fois de la bouche de maints augures, et qui bourdonnent confusément entre mes oreilles, dans quelque cavité fascinée et apeurée de mon cortex, alors que le tapis roulant m’achemine paisiblement vers Dieu sait quel agent du Mossad tapi dans un bureau poussiéreux du service de l’immigration, craquant bruyamment ses doigts avec une délectation sadique à l’idée de m’envoyer au tapis au onzième round de questions-réponses, et de jeter mon passeport au broyeur à papiers. Comme le dit l’adage bien connu, un homme averti 36 fois en vaut 72.
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Bienvenue à l’aéroport international Ben Gourion de Tel Aviv

D’ailleurs, à peine ai-je laissé derrière moi le panneau «Bienvenue en Israël» qu’un avant-goût de cet accueil musclé se présente, sous les traits d’une jeune femme blonde au visage sévère, si menue au milieu d’un quatuor d’observateurs en uniforme scrutant attentivement les débarqués de frais en Terre Promise, que je ne l’aurais probablement pas remarquée si elle n’était pas venue, d’un pas agile quoique déterminé, se planter devant moi avec autorité, barrant ma progression au sein du peloton des arrivés, et ne m’avait pas intimé, sur un ton martial, toute une série d’ordres ne souffrant nulle contestation. «Halte. Votre passeport s’il vous plaît. Ouvrez votre sac et déshabillez-vous. Intégralement. Il n’y a pas de mais».

Mais non, je plaisante bien sûr, chères Lectrices. Rassurez-vous (ou alors, désolé pour la déception…) : je n’ai pas été dénudé sauvagement en public. Je plaisante simplement, car j’ai le cœur à plaisanter. J’ai le cœur à plaisanter car cela faisait au moins cinq ans que je n’avais pas été victime d’un cas aussi flagrant, aussi décomplexé, aussi routinier, aussi transparent, aussi allant de soi, aussi assumé de «délit de faciès». Une telle sincérité de la part des autorités, ce rejet si franc du politiquement correct, c’est follement attendrissant. Sans faire d’ironie. Les passagers très majoritairement européens du vol en provenance de Berlin débarquent par douzaines, par vingtaines, et passent devant le groupe d’agents de la sécurité nationale en chasuble fluo sans être le moins du monde inquiétés et encore moins interceptés, sans même apercevoir le quatuor d’inspecteurs.

Contrôle des passeports à Ben Gourion

Mais, que survienne alors un homme de couleur, le regard distrait dans cet environnement nouveau, la moustache en l’air, la coupe afro défraîchie par le long voyage, et là, véloces, impitoyables, intraitables, les mailles du filet se referment sans merci sur le terroriste en puissance au look de hipster. Votre serviteur. Le malfaiteur présumé, trahi par son épiderme (mauvaise peau ne saurait mentir), est fait comme un rat. «Excuse me. Arrêtez-vous. Votre passeport s’il vous plaît. Vous arrivez de Berlin? Que venez-vous faire en Israël? Combien de temps comptez-vous séjourner sur le territoire? Avez-vous votre billet de retour?»

Ainsi me questionne la fonctionnaire, frêle brindille blonde, 1m53 d’autorité et de préjugés, 45 kilos toute mouillée, revolver et gilet pare-balles compris. Je réponds docilement au bref interrogatoire sur un ton volontairement sec, fasciné par cette procédure si ouvertement et efficacement «ethniquement ciblée». Me voilà donc prévenu. La brindille en chasuble feuillette mon passeport, s’arrête à la page où figure bien en évidence mon visa de la République Arabe Syrienne, puis à quelques autres pages tamponnées de sceaux rouges ou verts en langue arabe. Elle me rend mon passeport et me laisse rejoindre le banc de harengs pressés. Est-ce seulement une impression, ou ai-je vraiment entendu un petit rire sceptique dans mon dos ?

Après quelques minutes de promenade, plusieurs couloirs et escaliers roulants, des hectomètres de dalles de granit, une bonne douzaine de jets d’eau et de palmiers, le voyageur, qui ne sait plus vraiment s’il est dans un aéroport ou s’il ne s’est pas perdu dans quelque luxueuse oasis bédouine urbanisée, arrive alors au premier obstacle de taille : une rangée de guérites habitées chacune par un fonctionnaire, et devant la rangée de guichets, occupant toute la salle, des centaines de débarqués faisant la queue au contrôle des passeports.

La queue au contrôle des passeports à l’aéroport Ben Gourion, le 2 janvier

À gauche, les Israeli passports, à droite, tous les autres. On se rend bien vite à l’évidence: le banc de harengs avance très, très lentement. Un peu comme une armada de méduses flottant entre deux eaux, au gré du courant. Ou pas. Bref. Il est 16 heures. Au bout d’une quarantaine de minutes d’attente, c’est à mon tour de parler dans l’hygiaphone. J’ai sacrément bien géré la file d’attente et ai réussi à gagner deux places. C’est que j’ai envie d’en finir, moi, Môssieur. Z’avaient qu’à mieux faire la queue et arrêter de papoter, les gens. La famille qui me précède devant l’agent de la police aux frontières a remballé ses documents, contourne la guérite et se dirige vers la sortie. L’on me fait signe d’avancer. Hello, me dit le policier, presque cordial. Feuilletage de passeport. Mêmes questions que la brindille enchasublée, sur un ton néanmoins plus poli, moins glacial. Il n’a pas de petit gabarit à compenser, sans doute. Ce qui ne l’empêche pas de refermer mon précieux livret bordeaux, de le mettre dans un coin de sa table, et de conclure : «Pouvez-vous aller dans la petite salle au fond à gauche derrière vous?» Euh… plaît-il? Au fond à gauche derrière moi? Mais, mais, mais mais… la sortie, c’est bien tout droit devant moi, derrière la guérite? N’est-ce pas? «C’est cela. Mais vous, Monsieur, vous allez dans cette salle, au fond, à gauche, et vous attendez là. Vous récupérerez votre passeport après».

Après la sélection arbitraire pour cause de peau foncée, me voici au poulailler pour une durée indéterminée. Ah, en voilà un voyage qu’il commence trop bien ! Et moi qui avais gagné deux places dans la file d’attente…

Je pénètre dans la petite salle aux cloisons grises en matériau préfabriqué. J’y ai rejoint quatorze individus échoués là. Certains ont l’air las, très las. D’autres semblent furieux, ou incapables de comprendre la situation, ou les deux. Les autres, ma foi, je ne sais pas trop. Il reste des sièges libres : proches de l’entrée, ou tout au fond. J’avance vers le fond, puis me ravise et vais occuper une place proche de l’unique porte d’entrée (et de sortie), comme si le choix d’un siège près de l’issue allait me permettre de repartir au plus tôt. La belle affaire… Sont-ce là les premiers réflexes de chacun, en situation de captivité ? J’espère bien ne jamais connaître la réponse.

À ma gauche, un homme d’apparence tout ce qu’il y a de plus «WASP» enchaîne les conversations sur son téléphone portable, avec un accent new-yorkais bien du cru. Le voilà maintenant qui appelle une agence de location de voitures pour s’assurer qu’il pourra bien récupérer le véhicule qu’il a réservé, bien qu’il soit très en retard. Cela fait deux heures qu’il attend à la sécurité aux frontières, et il ne sait toujours pas pour combien de temps il en a. (Quoi?!? Deux heures??? Je tends l’oreille.) Les Américains sont des bavards et aiment bien échanger des banalités avec les inconnus. J’entame donc la conversation pour chercher à mieux comprendre dans quelle galère j’ai ainsi atterri. Le monsieur américain, la cinquantaine, et sa femme ici présente, une citoyenne israélienne à la chevelure remarquable, épaisse, rousse, somptueusement frisée, une Ashkénaze pur jus, ne savent pas du tout pour quoi ils sont là, dans cette antichambre de Guantánamo. Cela fait trente ans qu’ils viennent en Israël ensemble chaque année, et c’est la première fois qu’ils vivent un tel calvaire. Lors de leur dernier voyage, ils avaient bien été retenus 45 minutes sans comprendre pourquoi. Mais cette fois, deux heures tout de même… Ils ont, supposent-ils, un homonyme qui leur porte la poisse, quelque part sur une base de donnée de fichiers de police. Gloups. Deux heures d’attente quoi.

D’autres passagers arrivent dans la salle. Je reconnais bien un ou deux visages de mon vol en provenance de Berlin. Mais ceux-là, au bout de quelques minutes, ont les appelle, ils récupèrent leur passeport, et s’en vont. «Oh yes. On en voit passer beaucoup, des gens. Ils entrent, ils attendent ici quelques instants, ils se font appeler, ils sortent, et on ne les revoit plus. Si vous restez ici plus de dix minutes, j’ai bien peur que vous ne fassiez partie de ceux qui resteront très longtemps dans cet endroit», m’instruit Mrs Ashkénaze sur un ton monocorde, l’œil hagard, avec les airs du vétéran de bagne apprenant à la bleusaille la dure loi du camp. Eh bien voilà qui semble réjouissant. Intimidé, mal à l’aise dans cette situation inédite face à des inconnus exaspérés qui ne demandent qu’à être ailleurs, je n’ose pas encore interroger mes autres compagnons d’infortune.

Contre toute attente, mon tour d’être appelé arrive assez rapidement : en moins de trois-quarts d’heure. Le noyau dur des naufragés n’a pas beaucoup bougé. Je me sens presque coupable d’être appelé si tôt, quand d’autres attendent leur tour depuis bien plus longtemps… mais ce sentiment d’être un privilégié ne durera pas. Une jeune et jolie agente, teint mat, longs cheveux bruns et habillée façon Men in Black, me convoque pour un entretien individuel. Elle fait des efforts visibles pour se montrer aimable, mais plutôt que de conter fleurette, elle me bombarde de questions. On n’est pas là pour rigoler : il y va après tout de la sécurité d’Israël, que ma simple présence met en péril. Je suis prié de noter sur une feuille de papier «tous mes numéros» de téléphone, «toutes» mes adresses e-mail (j’en donne deux sur cinq), mon adresse postale, le nom de l’entreprise pour laquelle je travaille, les prénoms de mon père ainsi que de mon grand-père paternel, mort trois décennies avant ma naissance, et dont je ne suis plus entièrement sûr du deuxième prénom. Elle considère attentivement mes éléments de généalogie avec une moue sceptique, presque dépitée. Bah ouais ma grande, pas de bol hein, y’a pas de Mohammed dans le tas… Je ne suis pas à 100% ton client idéal : désolé pour la déception! Qu’à cela ne tienne, ce n’était que l’entrée en matière. Mon interrogatrice reprend bien vite l’initiative. Suis-je marié? (Non. Et vous?) Ai-je des enfants? (Non plus. Et vous, vous en voulez combien?) Que viens-je faire en Israël ? Est-ce que je voyage seul? Et pourquoi voyagé-je seul, d’abord?

«Je ne sais pas en fait. J’aime bien voyager seul. Parfois, je voyage avec mes amis, et parfois, tout seul.
— Quels sont les derniers voyages que vous avez entrepris seul, et à quelles dates?
— Et bien, voyons, il y a eu la Serbie et la Bosnie en août 2010, le Liban et la Syrie en novembre 2010, et le Mexique en septembre 2011.
— Aha. Voyez-vous cela. Au Liban et en Syrie? Tout seul? Vous connaissez du monde à Beyrouth?
— Oui, une amie suédoise qui travaille chez Air France.
— Notez son nom ici. Vous avez son numéro de téléphone?
— Euh…
— Bon ça ira. D’autres contacts au Liban?
 Non.
 Et en Syrie ?
— Bah, je me suis fait des amis sur place, mais nous ne sommes plus vraiment en contact quoi… C’est la vie.
— Qu’avez-vous vu précisément en Syrie? Au Liban?
— …
— Que comptez-vous voir pendant vos vacances en Israël? Très précisément
— …
— Soyez plus précis s’il vous plaît. Vous voulez voir quoi exactement en Palestine?
 Connaissez-vous du monde en Israël?
 Avez-vous le numéro de téléphone de cette amie à Tel Aviv?
 Connaissez-vous du monde en Palestine?
 Avez-vous une réservation d’hôtel à Jérusalem?
— Montrez-moi votre réservation. Ça, c’est simplement l’adresse de l’hôtel. Ça ne m’intéresse pas.
— …
— Quelle religion pratiquez-vous?
 …»
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La petite salle en préfabriqué et une partie de ses détenus de cette journée du 2 janvier. Pour s’acheter un coca ou un café et pouvoir se désaltérer, il fallait avoir, bien sûr, des shekels sonnants et trébuchants… Cool.

À 17 heures 30, elle m’escorte vers la petite salle de garde à vue que j’avais quittée seulement vingt minutes plus tôt, me promettant de «faire son possible», au vu des éléments de réponse que je lui ai donnés, pour qu’on ne me retienne pas «très très longtemps». Retour, donc, à la case Little Guantánamo, royaume de la détention arbitraire et illimitée de toutes sortes de gens pour raisons de «sécurité». Le couple ashkénazo-américain est toujours là. Madame, citoyenne israélienne après tout, donne de la voix. En anglais, en hébreu. Cela fait trois heures qu’ils sont là et ne savent absolument rien. Ils ne sont censés passer que quatre jours en Israël. «Why are you treating us like criminals?», s’insurge-t-elle, la rage contenue dans la voix, les frisettes rousses frémissant de courroux. «Plus on les questionne, plus ils font durer le plaisir», commente à mi-voix un prisonnier écœuré, le regard dans le vide.

De longues minutes passent. Notre petite geôle voit transiter quelques voyageurs bien vite libérés. Je commence à faire partie du noyau dur des embastillés, et donc à faire connaissance. À mon grand étonnement, ils sont presque tous américains, quoique d’origine étrangère. Les seules exceptions sont Carlo, un Italien qui suppute que les autorités le trouvent suspect à cause de son séjour d’un mois au Pakistan («J’étais sur une plate-forme pétrolière. Je n’ai même pas vu le pays!»), et moi. Et le couple israélo-américain qui, de toute façon  finit par être libéré, vers 19 heures, soit au bout de quatre heures de rétention injustifiée. Parmi les autres «suspects», il y a cette Américaine qui vit à Cologne, retenue depuis 16 heures. Son crime? Avoir des parents iraniens. Oups la boulette. Les autres cas désespérés sont des citoyens américains d’origine palestinienne. Trois d’entre eux, un père et ses deux fils, qui ont pourtant l’habitude de revenir en Israël, poireautent à Ben Gurianamo depuis 9 heures du matin ! À tous les coups, ils sont venus jusqu’ici pour comploter contre l’État d’Israël et transportent des bombes dans leurs bagages, c’est sûr et certain. Mais pour eux aussi le verdict finit par tomber. On vient chercher le père : expulsé manu militari vers les États-Unis ! Il prendra, qu’il le veuille ou non, le vol de 23 heures pour Boston, après un vol transatlantique puis une journée entière dans une petite salle aux murs préfabriqués de l’aéroport de Tel Aviv… C’est la consternation. Adieux déchirants, mais surtout très las. Les fils restent, et reprennent leurs séances d’interrogatoire avec les fonctionnaires de la sécurité aux frontières.

Quand, vers 19h30, Carlo est invité à «sortir du loft», l’Irano-américaine et moi formons spontanément une dérisoire haie d’honneur, et applaudissons sa marche vers la liberté. Je commence à râler dès qu’un agent passe près de la porte : quand me laissera-t-on enfin sortir? Je dois aller jusqu’à Jérusalem ce soir. Y aura-t-il encore des bus? Mes récriminations de quasi-terroriste, je dois dire, n’émeuvent pas grand monde. Si vous avez été interrogé, m’avise-t-on de bien mauvaise grâce, c’est que l’on s’occupe de vous. Il ne vous reste plus qu’à attendre que nous ayons fini de statuer sur votre cas. Et toc. L’aéroport semble de plus en plus vide. Il n’y a presque plus personne aux guichets de contrôle des passeports. L’activité s’arrête tôt ici. J’appelle mon auberge de jeunesse pour prévenir de mon arrivée retardée. L’Américano-iranienne, à qui on promet depuis une heure que ses papiers sont «presque prêts» et qu’elle les aura dans «cinq minutes», se rend compte, horrifiée, qu’elle est bientôt à court de batterie sur son iPhone. Priver quelqu’un d’eau, de nourriture, de sa liberté, passe encore. Mais priver une innocente de l’usage de son iPhone : c’est vraiment inhumain !

Soudain, à 20 heures, au terme de près de trois heures et demie de cette surréaliste garde à vue aux frontières, on vient me chercher.

«M. Berliniquais ? Voici votre passeport. La sortie, c’est là.
— Vous en avez fini avec moi?
— Oui. Au revoir.»

Je salue de la main mes codétenus : une Irano-américaine sympathique mais à bout de nerfs, et l’un des deux fils du Palestinien expulsé une heure plus tôt. Étrange ce sentiment d’être enfin au bout de son calvaire mais de laisser derrière soi ses compagnons de galère. Un autre Américano-palestinien, qui lui avait été autorisé à rester en Israël une demie-heure plus tôt, avait semblé tout aussi hésitant que moi lorsque la chance lui a enfin souri. Mais la seule chose sensée à faire, à ce moment, c’est de souhaiter bonne chance à ceux qui restent derrière et d’aller droit devant soi, vite, schnell, avant que les Dupondovitch et Dupontovski de la sécurité aux frontières ne changent d’avis.

Il ne me reste plus qu’à retrouver mon bagage, abandonné dans un coin de l’aéroport depuis quatre heures. Au bout de vingt minutes de recherches frénétiques dans le hall déserté, c’est réglé.

J’attrape in extremis le dernier bus pour Jérusalem. Et mon voyage, enfin, peut commencer pour de vrai.

Jérusalem : Le Dôme du Rocher et la vieille ville vus depuis le hautdu cimetière juif du Mont des Oliviers, janvier 2013

À ce qu’on m’a dit et répété : le pire interrogatoire, de très loin, en fait, c’est au départ de l’aéroport de Tel Aviv, lorsque l’on veut quitter Israël. Je préfère ne même pas y penser.

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Berliniquais
Je viens de la Martinique et je me suis installé à Berlin en 2008. Je vous parle de tout ce qui m'inspire, dans le désordre. Evidemment ça concerne surtout l'Allemagne, les Antilles et la France. Parfois de voyages, parfois d'actualité, souvent un peu n'importe quoi.

22 réflexions sur “ Obsession sécuritaire à Ben Gurion International ”

  1. impressionant de détails votre texte.
    Juste pour rire, il faut dire que votre ittinéraire n’est pas tout à fait conventionnel… ahahaha.
    mais sérieusement, c’est malheureusement dans ce monde là que nous vivons, les conséquences du 11 septembre, bien sûr.

    J’espere que vous leur avez passé votre site…
    Salut à vous du Brésil

    1. Bonjour Serge,

      En effet je dois dire qu’étant passé par des pays « ennemis » avant, je ne m’étais pas simplifié les choses. Mais j’ai pu me rendre compte dans la petite salle de détention que ce n’était pas toujours aussi simple. De toute façon, le fait d’être un voyageur seul me rendait déjà hautement suspect à leurs yeux…

      Non je ne leur ai pas communiqué l’adresse de mon blog… des fois que je serais tenté de revenir, on ne sait jamais!

      Salutations de Berlin

    1. Ce n’était, hélas, qu’une entrée en matière. Israël est l’un de ces pays qui croient qu’en en faisant des tonnes, on assure une sécurité maximale… Vu que ce n’est pas demain la veille qu’ils changeront d’attitude, mieux vaut en rire, en effet.

    1. Merci pour votre visite, Mamadou! En fait quelqu’un m’a fait remarquer que ce genre de mésaventure arrive tous les jours, dans tous les aéroports du monde, à plein de gens, mais en général ce sont les gens qui ont la malchance d’avoir le « mauvais » type de passeport… En tant que citoyen européen, on a l’habitude que toutes les portes nous soient grand ouvertes partout où l’on va. C’était un brutal retour à la réalité…

      1. j’ai fait un voyage de 300 km en voiture aujourd’hui avec un ami français , on a donc profité pour parler de ton billet et il m’a dit qu’à Roissy c’est pas encore arrivé à ses extremes là…

    1. Stressant, oui, ça l’était. Surtout vers la fin, quand je commençais à me demander si j’allais devoir payer un taxi à prix d’or pour me rendre à Jérusalem en pleine nuit, alors que je ne connaissais pas du tout le pays ni rien du tout!

      Ce sont les joies des voyages à l’aventure…

      Merci pour ta visite, Limoune.

  2. Très intéressant. J’en suis presque à me dire : tant mieux que cela soit arrivé, car cela nous a valu un billet de blog vraiment intéressant. Mais bon, c’est une déformation de journaliste…

    1. Haha, elle est pas mal celle-là! Est-ce que les médecins se réjouissent lorsque les gens tombent malades? Je devrais me renseigner autour de moi tiens… 🙂

      En effet, alors même que je vivais ce « calvaire » (toutes proportions gardées hein), j’étais déjà en train de me consoler en me disant qu’au moins ça me ferait une histoire intéressante à raconter. J’ai même pris des notes dans mon calepin pour ne pas oublier les détails… Déformation de blogueur!

  3. Je suis heureux d’avoir lu ce texte après avoir connu cher Berliniquais. Heu… me demande pas pourquoi je dis ça, en fait il me fallait une introduction.
    Je ne veux pas épiloguer sur la bêtise et l’obsession sécuritaire qui bien que normale se revêt très souvent d’une forme de mépris et de silence qui lui donne tout son allure kafkaïenne. Je veux juste m’attarder sur le texte, narration parfaitement menée, langue maîtrisée et juste ce qu’il faut d’humour, un humour qui est la meilleure réponse qu’on puisse faire à la bêtise humaine. J’adore!

    @Serge, Roissy c’est pas encore ça, mais je te jure tu adorerais leur contrôle « aléatoire ». Je suis devenu expert de ces contrôles qui tombent invariablement sur moi. Au point où je m’étais acheté une paire de chaussures sans lacets qui m’a foi, m’a fait gagner beaucoup de minutes lors des fouilles « poussées ». Mauvaise couleur, mauvais passeport, mauvaise couleur de passeport… La connerie a encore de beaux jours devant elle.
    Peace les amis!

    1. Ravi moi aussi d’avoir enfin fait ta connaissance, Kongosseur. Merci pour ta lecture et ton appréciation 🙂

      Vraiment désolé de voir qu’il y a des gens pour qui ce genre de procédures est malheureusement un passage presque obligé lors de chaque voyage. Moi qui aime tant voyager 🙁

  4. Bonjour,

    J’ai trouvé votre témoignage très intéressant, et agréable à lire, avec une pointe d’humour qui n’est pas pour me déplaire, bien que je comprends que sur le moment la situation n’était pas des plus plaisantes.

    Au fait, en référence au dernier paragraphe de l’article, et en supposant que vous être revenu, comment s’est passé le retour ? Pas de « deuxième effet Kiss Cool » ?

    Cordialement.

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